Employabilité : faut-il vraiment préférer l’allemand à l’espagnol ?

Le 3 juillet 2019 dans

lundi 24 juin 2019

Alors que les étudiants sont toujours en train de plancher sur leurs prochaines épreuves (qu’il s’agisse du bac ou du rattrapage à l’Université), Indeed s’est penché sur leurs choix en matière de langues vivantes. Des langues qui sont aujourd’hui perçues comme de plus en plus cruciales dans la construction d’un projet professionnel. Or, les langues vivantes étudiées sont-elles celles qui répondent aux besoins exprimés sur le marché de l’emploi ? Les économistes du Hiring Lab, l’institut de recherche d’Indeed, se sont posés la question.
Premier enseignement, l’anglais occupe toujours une place hégémonique par rapport aux autres langues étrangères sur le marché du travail français. En revanche, la suite du classement réserve des surprises :
• l’anglais est requis dans 8,9% des offres d’emploi en France sur Indeed.fr.
• l’allemand (0,6%) est davantage plébiscité que l’espagnol (0,35 %) par les recruteurs français, preuve que la langue de Cervantes, LV2 prisée au cours de l’enseignement secondaire et parlée par 500 millions d’individus dans le monde, n’est pas la plus utile sur le marché de l’emploi français actuel.
• le chinois est autant demandé que le portugais (0,08% des offres, soit 8 annonces sur 10 000).
Les français, mauvais élèves ?
La mondialisation intensifie les interconnexions et dans ce contexte, la maîtrise d’une langue étrangère (au moins) est désormais essentielle. Une étude récente menée par Indeed met en lumière les lacunes des Français dans ce domaine. Ainsi, 41% des sondés s’avouent incapables d’utiliser une langue étrangère dans un cadre professionnel. Seule 1 personne sur 6 maîtrise deux langues étrangères (hors français), et ce alors que tous les élèves français ont eu l’occasion d’en apprendre deux au collège, a minima.
35% des français ont déjà renoncé à une candidature à cause de leur niveau en langues étrangères.
Et dans les autres pays ?
Si l’anglais reste la langue incontournable exigée par les recruteurs en France, qu’en est-il de la place de la langue de Molière à l’étranger ? Le français, c’est 300 millions de locuteurs répartis dans 106 pays et territoires et la deuxième langue la plus enseignée sur la planète. La démographie du continent africain devrait également permettre à la francophonie de toucher 750 millions de personnes, devançant ainsi l’espagnol d’ici à 50 ans.
Pour autant, s’agissant de l’emploi, le français n’est pas la langue la plus demandée, en témoigne l’exemple britannique.
Au Royaume-Uni, l’allemand a dépassé le français, devenant la langue la plus prisée par les employeurs britanniques, selon Indeed.
De même, les postes vacants exigeant une maîtrise de l’allemand ont augmenté de plus de 10% au cours des trois dernières années, tandis que les recherches de francophones ont grimpé de 1,17% seulement. Le chinois a également connu une forte progression de +35,39 % depuis 2016.