Un océan de câbles : dans les profondeurs d’internet

Le 28 mars 2019 dans

CIM vous recommande de lire le dossier sur http://webdoc.rfi.fr/ocean-cables-sous-marins-internet/chapitre-1.html
C’est captivant…et inquiétant…

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Cette enquête hyper-complète permet de décrypter le business des câbles de télécommunications sous-marins et les enjeux de leur privatisation

ITChannel, samedi 23 mars 2019
Aujourd’hui, l’essentiel des communications (Internet et téléphonie) voyagent d’un continent à l’autre par des câbles qui sillonnent le fond des océans. Ils sont devenus vitaux dans nos sociétés connectées. Mais au final, qui contrôle ces câbles et ainsi les flux d’information ?
L’enjeu stratégique que constituent les câbles de télécommunications dans les luttes de pouvoir à travers le monde est crucial. La journaliste Aurore Lartigue a enquêté pour rfi.fr et propose un long format numérique en 3 volets : « Un océan de câbles : dans les profondeurs d’internet » :

Chapitre 1 : « Les autoroutes du web en questions »
Les câbles sous-marins sont devenus l’infrastructure essentielle du monde d’aujourd’hui. Fin février 2019, cette immense toile comptait quelque 380 câbles en service, soit environ 1,2 million de kilomètres de « tuyaux » qui serpentent sous les mers.

Chapitre 2 : « Menaces sous les mers, panique dans le cyberespace »
Les câbles sous-marins sont plus fragiles qu’il n’y paraît. Mal protégés et vulnérables, ils pourraient devenir une cible de choix en cas de conflit. On apprend par exemple dans ce grand exposé au format HTML enrichi de cartes, de vidéos et de schémas explicatifs que la principale raison des pannes n’est autre que la pêche, suivi de raisons inconnues, des ancres et des défauts de composants.

Chapitre 3 : « Puissance(s) au bout du câble »
Le contrôle des flux d’informations est devenu hautement stratégique dans les guerres d’influence. Alors, qui tire les ficelles du web ? « Aujourd’hui, 80% du trafic généré par les internautes français part vers les Etats-Unis », relève Jean-Luc Vuillemin, directeur Réseaux et Services internationaux chez Orange. Et c’est à peu près pareil quel que soit l’endroit où vous vous connectez. « Les Etats-Unis captent l’essentiel du trafic dans le monde », renchérit Laurent Bloch, chercheur en cyberstratégie et auteur d’Internet, vecteur de la puissance des Etats-Unis.
D’abord, pas besoin d’une loupe pour se rendre compte qu’ils règnent en maîtres sur beaucoup de câbles. Ensuite, c’est là qu’internet a été inventé et le pays domine une partie des infrastructures qui constituent son architecture, dont l’organisme qui contrôle l’attribution des noms de domaine, l’ICANN. Enfin, qu’ont en commun Google, Facebook, Twitter, Netflix, Uber ou encore Airbnb, ces applications que nous utilisons au quotidien ? Elles sont toutes Américaines. Et même si ces entreprises ont généralement des data centers sur tous les continents, les voies du trafic internet sont si impénétrables, que vous n’êtes pas à l’abri que vos informations fassent à un moment un détour par un serveur basé aux Etats-Unis. De là à dire que l’oncle Sam a la main sur le réseau mondial et nos précieuses données, il n’y a qu’un pas…
Les GAFAM, nouveaux maîtres du jeu
Surtout que les paramètres du marché des câbles sous-marins sont en train de changer. Après un creux au milieu des années 2000, depuis un peu plus de deux ans, la fibre optique est de nouveau l’objet d’investissements massifs. Entre 2016 et 2017, les acteurs du secteur ont investi 5,1 milliards de dollars dans la construction de câbles et, dans son rapport 2019, la société de conseil en télécommunications TeleGeography estime qu’ils pourraient dépenser 8,8 milliards de dollars entre 2018 et 2020.